30 décembre 2008
Confessions intimes ...Entre deux gouttes de lait !
Anne Chiffon est sortie tôt ce matin , son chapeau de toile huilée enfoncée sur la tête et son écharpe enlacée autour de ses épaules , remontant haut prés de ses yeux . Sur le trottoir la pluie se figeait et tout en marchant avec prudence elle regardait l'eau glisser de tous côtés , une eau glacée derrière laquelle tout lui apparaissait troublé .
A son retour elle a jeté sur le radiateur son chapeau , son écharpe , son manteau , ses chaussettes trempés ; puis elle a versé les feuilles de thé à même sa vieille théière , pris le pot de miel et est retournée se lover bien au chaud sous l'édredon pour réchauffer ses joues glacées , ses yeux givrés et ses doigts engourdis .
Elle a repoussé son rendez vous et préféré ne pas rouler en voiture refroidie par l'aspect glacée de la chaussée .
Le silence de l'absence des enfants résonnait et elle s'est mise à penser , repenser et revoir les images du passé ... Alors elle a décidé de contrôler sa pensée , de ne surtout pas la laisser s'emballer ...Et d'un souvenir à l'autre elle est repartie vers la toute petite enfance de sa tribu .



Elle a pris conscience de son obsession de la maternité , de sa gourmandise des petites cuisses potelées , de son envie jamais rassasiée de caresser ses bébés , de les bercer , de les nourrir , de les pétrir avec douceur , de masser leurs petits dos avec des huiles aux parfums de l'enfance , doux mélanges d'amande , de fleurs d'oranger , de miel , de vanille . Elle a cherché dans sa pharmacie les vieux onguents pour respirer ces effluves de nurserie et raviver davantage encore ses souvenirs . Elle a retrouvé un sac rempli de biberons et soudain a réalisé qu'elle avait eût des compulsions inouïes , trés tôt dans sa vie . Dés qu'elle a su que la vie grandissait en elle avec sa première grossesse elle s'est mise à entasser biberons , couches de tissu et doudous . Malgré ses cinq naissances , ses cinq bébés allaités elle achetait , achetait des biberons , s'en faisait rapporter des Etats Unis , elle courrait aprés l'innovation , le design , le ludique ...
Toujours plus de biberons , des bleus , des roses , des Gerber , des Rémond , des Dodie , des Avent , certains en forme de nounours , de poupées , de personnages inventés .
Quand petit chou pointa le petit bout de son nez , en fait lui envoya son premier petit coup de pied , elle prit d'assaut les magasins de puériculture et acheta une première poussette pour l'aprés landau de famille , puis elle en acheta une autre à trois roues plus fun pour que les grands promènent leur petit frère en rollers , plus drôle toute en rouge . Et toujours , toujours autant de biberons . Pas des milliers non , mais beaucoup , une vraie passion , une vraie collection qui ne s'arrêta qu'aprés le sevrage de petit chou . Elle avait alors comblé jusque dans les moindres recoins de sa pensée maternante , des frustrations venues certainement de trés loin . D'une femme de sa famille , d'une mère , d'une femme n'ayant pas été cette maman qu'elle avait choisi elle d'être dés qu'elle fût en âge de donner la vie ...
Drôle d'aprés midi sous son édredon , mais c'est sûr elle reprend du thé et ce n'est pas dans un biberon , ni assise dans un landau bien au chaud , quoique ??? Troublante confession ... Mais d'elle bébé ? Elle n'a jamais sû , a t'elle été nourrie au sein de sa mère ? A t'elle été promenée dans des draps de coton bleus et blancs , roses ou verts ? A t'elle été bercée dans un landau anglais le long des chemins de Touraine ? Mais de ses premiers pas elle se souvient ...Même de ses petites bottines blanches à lacets !!! Si elle sait qu'elle était soufflée par les bouillies ...Un bébé sumo lui a t'on dit , mais avant ???
C'est vrai çà , il va falloir qu'elle demande à Maminou et combien pesait t'elle à sa naissance ? Et sa première dent ? Oui son doudou elle sait aussi puisqu'elle lui doit son Chiffon depuis plus de quarante ans , pauvre doudou adoré et perdu à Rio dans la forêt de Tijuca , mais avant ? ....Anne Chiffon
28 décembre 2008
La porte fermée .
Voiçi le moment arrivé de la période si difficile , celle où la moitié des vacances est déjà terminée et où elle voit ses enfants s'envoler .
Combien de petits et de grands montent ainsi dans des avions , dans des trains pour retrouver l'autre parent , l'absent du reste de toute leur vie ?
Les murs se cognent au silence absurde d' une maison où vivent ses enfants et où ils ont passé un si joyeux noël il y a quelque jours à peine .
Vite qu'ils reviennent , qu'elle les couvre de baisers ... Et surtout ne pas penser que ce sera seulement l'année prochaine ...Ouf juste quelques jours !
Derrière eux la porte s'est refermée ... Anne Chiffon
26 décembre 2008
Entre l'émotion et les rires


















La messe de noël a vu les yeux de petit chou briller , briller ou retenir les larmes quand tous ont repris " douce nuit " ... L froid les a saisis sur le pas de la porte et la chaleur du feu de cheminée et de la table préparée par les plus grands ont apporté une douceur incomparable .
Le diner pour Anne Chiffon ainsi entourée a touché son coeur pris par un bonheur sans limite .
Le lendemain matin le père noël étant passé dans la nuit l'excitation des petits et des grands étaient ; là encore un plein de joies , les chants de Dean Martin , de Sinatra apportaient une touche d'éternité et partager ensemble ce moment là fût d'une grâce merveilleuse .
les petits paquets sont passés par petit chou ravi de jouer ainsi à l'assistant de Santa Claus , tant d'intentions et de tendresse , de recherches laissaient loin , loin derrière le soupçon de difficultés de ces dernières semaines , un temps suspendu arrêté et bien décidé à ne laisser passer que la paix et l'amour .
Puis les grands parents des enfants sont arrivés de Touraine pour le déjeuner et de nouveau la joie avait envahi les coeurs...
Cett année Anne Chiffon a goûté à l'un des plus jolis noël de sa vie , tous réunis , tous là pour quelques jours , des petits déjeuners , des goûters , des promenades et le plaisir de se retrouver tous ensemble prés du feu allumé dans la cheminée en attendant qui sait quelques flocons ...Demain ...
Merci à grande chérie , moyenne madame chérie , monsieur gendre , grand chéri , petite chérie , petit chou , Maminou , Grand Papa , mademoiselle grand chéri ( Marine l'amoureuse de Léopold ) et sans oublier mademoiselle Loulou ... Pour ce merveilleux Noël , qu'il soit la promesse d'un présent , d'un avenir d'amour et de joies partagées .
A la fin de la veillée du 24 si vous les aviez entendu rire , rire , rire .
Anne Chiffon partage avec vous ce doux et précieux Noël et prie pour ceux qui n'auront pas eût la joie d'être en famille .
Et encore il manquait son frère , sa femme et leurs trois enfants , elle a pensé et prié pour eux ...
Anne Chiffon
25 décembre 2008
MERRY CHRISTMAS
Anne Chiffon vous souhaite un trés joyeux Noël et vous remercie pour votre présence , vos messages fidèles si doux et si bienvaillants .
Que cette nuit de Noël apporte dans vos coeurs et dans vos familles l'amour , la paix et le bonheur .
JOYEUX NOEL A VOUS TOUS ....
ANNE CHIFFON
22 décembre 2008
Ouvrir les yeux
Elle vient de relire ses derniers billets et ressent comme un malaise .
Dans deux jours Noël sera dans tous les coeurs et elle prend conscience de cette abîme dans laquelle elle a glissé sans lutter et bien pire en devenant amère . Tout le contraire de ce qu'elle est .
Elle a toutes les raisons du monde d'aller mal , mais est ce un droit de s'approprier à ce point tant d'amertume , tant de rancoeur ?
Elle repense à la petite place sombre de Paris , à ces ombres venues chercher la chaleur d'une soupe ou d'un mot . Qui sont ils ? Des hommes et des femmes comme elle mais qui n'ont plus rien , rien à quoi se raccrocher alors qu'elle a ses enfants , sa famille , ses amis .
Ses ennuis sont sérieux , son angoisse est profonde et légitime mais à quoi bon se flageller davantage , victime elle l'est mais debout elle l'est aussi et dans ces journées de joies familiales elle n'a pas le droit de laisser ses idées assombrir son regard , son sourire sur ce temps du présent . Demain elle aura à relever ses manches , hier est passé et ne peut que la ramener dans le tourbillon de sa souffrance . Elle s'est relue avec discernement , ses mots sont violents et l'aigreur qui en ressort est ce qu'elle fuit de toute son âme , elle ne veut pas que ces journées soient ternies par une histoire qui doit rester à la porte , loin , loin d'elle et de ceux qu'elle aime .
Il n'est pas question de tirer un trait et de s'en aller vers d'autres excès mais d'être juste ; c'est son devoir de mère , de femme , d'amie ...
La fièvre des préparatifs a mis plus de temps à s'installer , mais le brouillard s'est évanoui et elle regarde avec plus de netteté le moment présent ; sans précipitation , sans énervement et surtout sans rancoeur .
Les pop corn ne sont pas encore tous enfilés mais petit chou l'a bien aidée , il va falloir penser aux palais sans se ruiner et elle va trouver des saveurs simples et sucrées , elle n'a pas assez d'assiettes , ni de verres , mais elle les aura eux . Qu'importe une table sans argenterie , sans cristal tant qu'on y parle le langage de l'amour .
Le père Noël ne laissera pas de paquets à ne plus savoir où les mettre et pourtant ce soir là ce sera un vrai noël chez Anne Chiffon .
C'est vrai que le système D , elle a appris à le connaitre mais qu'il lui manque encore des idées , des adresses ... Tout ce temps à pleurer aurait pu lui permettre de broder , de faire une jolie photo , d'écrire un texte ... Elle ne l'a pas fait , mais elle aura aussi appris dans cette chute vertigineuse que rien ne pourra la rendre assez amère pour oublier ceux qu'elle aime .
Elle vous dit merci pour vos commentaires bienveillants , construtifs et apaisants . C'est auprés de vous qu'elle a puisé cette force , celle de se relever et de reprendre les rênes de sa vie ...
Dans le miroir ce n'était plus elle , l'image renvoyée était fade et tendue ... Oui elle a pleuré , oui elle revendique ce droit là mais dés aujojourd'hui elle reprend ses devoirs en mains pour écarter ses droits . Le 14 janvier il sera temps de reprendre les dossiers , les peurs , les terreurs . C'est plus loin que demain , alors juste reprendre goût à sa vie est à ce jour l'essentiel que son statut de maman exige .
La cannelle , les étoiles anisées , les dattes , les amandes , les chocolats chauds et les vins épicés parfument déjà la maison , un pas de géant pour Anne Chiffon qui toujours se relèvera et chantera à la gloire de la vie .
21 décembre 2008
Un coeur dans la brume du premier matin de l'hiver .
Ce matin l'hiver à pas feutrés est arrivé ...
Un hiver bien curieux sans neige , sans givre , sans prétention en somme .
Dans la mémoire collective l'hiver se doit d'être blanc , d'être silencieux et ouaté pour accompagner les festivités de noël .
Anne Chiffon est allée à Paris , pourquoi ? Pourquoi pas ...
Elle en est revenue déçue , les décorations sont sans insolence et posées sans conviction . Bien sûr le temps n'est pas à l'insouciance mais pourquoi y rajouter l'indifférence ou le mauvais goût . Des kilomètres de lumières ne parviennent pas à faire briller les yeux , il n'y a pas de féérie . Qui s'occupe des décorations de Paris ? Qui ? Certainement pas quelqu'un qui aime partager ses rêves , à moins qu'il n'en ait pas et ce n'est pas une question de moyens quand on voit cette débauche d'ampoules ...
Sur une petite place elle est passée prés d'un groupe , c'était l'heure de la distribution de la soupe du soir et les ombres se déplaçaient la tête baissée , là pas de lumière , une place dans l'obscurité pour ne pas déranger ...
Paris est pourtant si belle et ce premier soir d'hiver , les lumières bleues du boulevard st Germain faisaient davantage penser aux gyrophares de la police qu'aux lumières de l'avent .
Anne Chiffon sent cette année que ses dernières semaines l'ont vraiment éprouvée , elle est inquiète et souvent déçue ; son enthousiasme pour les choses simples de la vie a été ébranlé et les hauts et bas étalés depuis toutes ces années l'ont affaiblie , abimée .
Un parfum , une note , un souffle suffisaient à la faire sourire et elle ne voyait pas la laideur , elle s'en protégeait simplement mais cette fois çi c'est la laideur qui l'a rattrapée et une sorte d'angoisse sourde s'est installée ...
Elle l'a pensé en sortant du tribunal le 10 décembre dernier , elle l'a dit aussi . Et malgré toute son énergie elle voit que les choses ont changé , toutes ces attaques ne l'auront pas laissée indemne . Comme si le dernier coup reçu était fait pour qu'elle ne se relève pas .
Alors elle pense , elle se réveille les tempes battantes et le coeur en sursaut , ses nuits sont hachées et ses journées sont entrecoupées d'une lutte entre la joie et la tristesse , entre son envie de chanter et celle de pleurer , entre ses peurs et son amour de la vie .
Les images défilent et son indifférence l'inquiète . Elle n'est pas elle même , elle est incapable de voir plus haut , plus loin , paralysée par ces mots qui reviennent la hanter .
On lui dit de ne pas ruminer mais elle n'arrive pas à se défendre contre ces nouvelles terreurs , trop trahie jusqu'à la lie .
Elle pense à Noël et pour ses enfants veut reprendre le dessus , et l'effroi redouble car son amour si puissant ne lui donne pas même cette force là , alors où puiser ? Où puiser la vie et la joie quand elles ont été éteintes ?
Elle n'arrive pas à rentrer totalement dans le temps de noël , chut ne pas le dire à ses enfants , il ne faut pas ...
Elle va piocher de jolies images , fait les guirlandes de pop corn avec petit chou , grande chérie lui a préparé l'orange piquée de clous de girofle et pourtant ...
Avant chaque année dans sa boite aux lettres chaque jour de décembre ils recevaient des dizaines de cartes de voeux et elle en envoyait avec fidélité , une photo de sa famille , les enfants qui grandissaient ; c'était pour elle un rite qu'elle installa dés le premier NoëL de grande chérie et jamais elle n'aurait laché cette tradition .
Début décembre la séance de photos se déroulait prés du sapin , dans un escalier , un instrument dans les mains , les chiens prés d'eux , on s'habillait , il y avait quelques énervements , parfois de l'impatience mais aussi une formidable complicité . Une seule photo était choisie parmi les grimaces , les têtes tournées , les sourires crispées ... Puis elle choisissait avec soin une jolie phrase , un mot pour chacun et les enveloppes partaient avec tout le bonheur qu'elle avait à partager la joie de leur vie de famille dont elle goûtait chaque jour la CHANCE .
Depuis deux ans il a repris cette tradition avec leurs enfants , sa nouvelle compagne , la fille de celle çi et lui même . Une nouvelle famille qu'il a brisé et qu'il rassemble par des jeux de montages photographiques pour dire son nouveau bonheur sans pudeur aprés avoir meurti les siens .
Chacun est libre , tant que cette liberté ne tue pas l'autre . Mais dans cette démarche c'est une partie de leur histoire qu'il saborde , une partie de leur passé . Même les enfants n'avaient pas été prévenus et n'ont pas eût quoique ce soit à penser , une famille recomposée inassumée et volontairement utilisée pour faire du mal celà n'a pas de sens ? Et c'est celà qui la fait tant souffrir .
Allez elle doit se réjouir , cette année elle sera avec tous ses enfants , la première fois en quatre ans , c'est peut être aussi le revers d'un bonheur qu'elle avait été obligée de mettre de côté ...Oh la , la Anne Chiffon doit reprendre le sens de la vie . Penser à toutes ces femmes meurtries et écrire pour elles , et partager avec elles et dira à toutes les mamans du monde que les enfants sont la plus belle aventure au monde , le plus bel engagement , le plus grand bonheur , la plus précieuse des fêtes quotidiennes , l'hiver ce matin , Noël dans trois jours et au fond l'éternité de leur maternité à chaque instant renouvelée ; alors les lumières de Paris lui ont paru bien blafardes dans son coeur aimant et cassé par le père de ses amours , mais elle va guérir de celà aussi . Il faudra peut être encore quelques saisons ...Anne Chiffon
19 décembre 2008
Le temps de Noël .
Le temps de noël a frappé pour de bon à la porte alors il est temps qu'elle envoie les christmas carols et ses bons voeux , qu'elle allume le four et pétrisse la pâte . Ce soir avec petit chou c'est pop corn party .
On achète du maïs en grains , on le pop dans un grand faitout avec de l'huile en jouant avec le couvercle .
Faire entrer de l'air juste assez et hop jouer comme un virtuose ses gammes de grains de maïs qui claquent contre la fonte .
Les mettre ensuite dans un grand , trés grand bol et s'asseoir par terre , tasse de thé pour petit chou et tasse de chocolat pour elle !!!! Ou l'inverse ! Et enfiler dans le châs l'aiguille , tirer , tirer le fil et la faire passer dans la partie la plus joufflue du corn popé ! tirer le fil , tirer l'aiguille et faire des mètres de cette guirlande qui ira se poser avec légèreté sur les branches du sapin .
Anne Chiffon file à l'école chercher petit chou et accompagner petite chérie à la gare d'où elle sautera dans un train pour Paris car ce soir elles retrouvent ses amis pour un anniversaire . Le fond de l'air est festif !!! Anne Chiffon
17 décembre 2008
Etre femme et frivole ...
Il y a les femmes qui sont faites pour s'enrouler dans la soie ou se pelotonner dans un vison ; il y a celles qui rêvent de saphirs jaunes et de brillants en ribambelles ; il y a les femmes qui s'enivrent de Champagne millésimé et d'autres pour qui le thé à la Bergamote suffit à abreuver la pensée .
Il y a des femmes qui se rêvent sylphides , d'autres girondes , certaines que leur corps n'est jamais assez bien pour leur âme .
Les femmes sont ainsi dans tous leurs paradoxes .
Elles veulent être mères et ne pas en garder de traces . Mettre au monde un enfant de plus de trois kilos et avoir la fragilité d'une jeune impubère .
Elles se rêvent femmes et se poudrent le regard à l'âge des récitations et voudraient que l'inverse soit possible !
Elles se perchent sur des talons jusqu'à se rompre le dos ou courrent dans les bois le pied écrasé par leur poids .
La femme se parfume , la femme se glisse dans l'eau , la femme si délicate ronronne dans la douceur , la femme ne tremble pas mais frissonne , elle ne mange pas mais goûte , elle effleure les sols marquetés mais ne les touche pas ...
Et il y a Anne Chiffon , femme et mère à la fois , femme qui ne rêve ni de saphir , ni de vison mais d'un bien plus bel atour , celui qui sera celui des femmes de demain et que l'on s'arrachera c'est certain dans peu de temps , elle le sait bien .
Il est noir mais pourrait être vert , rouge , marron .
Il est fait pour aller au delà des rêves même s'il ne vole pas .
Allez en exclusivité voici qu'elle partage avec vous : le luxe de demain et dans tous les cas le sien . Les femmes sont ainsi .
En avant première la collection des quatres saisons d'une Anne Chiffon frivole et trés à la mode ...femme et mère , indiscutablement elles ...
13 décembre 2008
Les marches du palais II
Ils se sont retouvés marchant côte à côte dans le dédale des couloirs .
Des marches à monter , des visages cachés derrière des mains inconnues , autant de cadavres de vies détruites et volées ...
Un palais c'est un peu la cour des miracles des coeurs déchirés ou des erreurs refusées .
Alors les femmes et les hommes en robe noire accompagnent la vie des uns et des autres à coup d'articles dans les méandres d'une justice qui n'avait pas de raison d'entrer dans leurs vies à quelques journées de noël
.
Les hommes sont faibles et la nature humaine sans défense parfois .
Codifier des mariages massacrés que rien ne semblaient menacer est surnaturel .
Anne Chiffon est entrée dans la salle d'audience comme entraient autrefois les esclaves dans les arènes de Rome .
Accompagnée certes mais soudain complètement et totalement démunie .
Il a fallu attendre , affaire aprés affaire , assister au départ des couples déchirés , des sourires vainqueurs ou des larmes de désespoir sur des visages inconnus pour lesquels elle a ressenti une telle compassion ...
Que voulait dire le 12 septembre 1981 tout ce cinéma ?
Elle se rappelait si bien de leur préparation au mariage , de cet engagement sans légèreté et des joies qu'ils ont partagé , elle se souvient aussi des tempêtes , mais que sont ces vagues quand une famille est unie ? Des larmes , des pauses pour s'attendre et recommencer chaque jour son mariage ? Oui un mariage se construit jour aprés jour et on ne se repose pas sur des certitudes , jamais ...
Mais la vague est passée au dessus et lui a jeté ces années , sa famille derrière lui par peur ? Par paresse ? Par fatigue , qu'importe ...
Un divorce qui ne se passe pas comme dans les films est pire encore et puis elle a refusé , elle s'est accrochée , n'a pas voulu accepter l'impensable ...Avoir tant partagé et voir ce dossier jaune sous le bras de son monsieur en noir , leurs secrets , leur intimité ...De celà il ne restait que des souvenirs devenus tabous et elle avait repris la torche pour que la loi lui vienne au secours puisque lui ne voulait rien entendre d'elle tout en prétendant le contraire ...Trop de mensonges et de manipulations , ses enfants au milieu et un appel au secours jamais entendu ....
Ses enfants , ses battre pour eux , ne pas revenir en arrière mais aller de l'avant ..
.Sur leur banc ils attendaient , puis le greffier est venu les appeler , elle venait juste de revenir un café à la main pour son sauveur ...
La porte se referma derrière eux . Deux robes noires , une pour lui , une pour elle , une vaste table recouverte de feutre vert , une bibliothèque harmonieuse et deux femmes leur faisant face .
Madame la juge aux affaires familiales , madame la greffière .
Anne Chiffon a salué poliment sans retour , on ne se dit pas bonjour dans ces murs là , les soldats ne se souhaitent pas une belle journée ...Juste leur guerre a remporter.
Son monsieur en noir a commencé , et sa vie s'est déversée sur la table ...
Pas un mouvement de sourcil en face , rien ...
A sa droite son ex mari pimpant et trés fier parlait à voix basse penchée contre l'épaule de son avocate .
La première partie lui sembla juste , sans emphases , posée , claire et professionnelle . Juste être là pour ne plus couler avec ses enfants ...
Puis s'engagea la seconde partie , celle d'une vie étalée avec l'ivresse de la méchanceté , la fureur des mots pour faire d'elle une femme diabolique , sans limites , jugée et remanipulée , une vie de maman dénigrée et bafouée , une vie d'épouse reniée et piétinée , une vie qui finalement à l'écouter ne méritait rien de plus que de ne pas exister ? Une corde s'enroulait à son cou et les coups tombaient . L'urgence fût de respirer , de fixer son attention sur la fameuse bibliothèque et ses centaines de livres . Ne pas se laisser envahir par cette douleur de guillotine qui tombait sous le poids des mots et de cette mortification jouée en direct .
Ne pas imaginer qu'elle avait aimer un tel monstre alors et se répéter que cette défense était une éxécution simple ...
Anne Chiffon est ressortie groguie , comme un boxeur rué de coups , elle a raccompagné son homme en noir , l'a remercié et au coin de la rue s'est effondrée sur son volant . Asphyxiée par l'insupportable souffrance .
Oui elle avait demandé que soit revu un jugement tronqué quatre années auparavant , oui elle avait décidé de se battre pour élever ses enfants , oui pour se battre contre cette justice à qui il avait menti , oui elle avait refusé de baisser les bras ... Mais cet assassinat psychologique engagée contre elle , comme s'il fallait en faire une criminelle venait de la dépasser ...
Elle est rentrée se réfugier , se blottir dans la chaleur de ses oreillers , elle s'est juste effondrée et son coeur s'est ralenti ...Presqu'arrêté par la blessure reçue . Elle demandait que soient rétablis quelques droits légitimes et on l'a trainée dans la boue .
Depuis elle ne sait plus vraiment , elle est allée à un spectacle invitée par madame Pauline , a emmené ses enfants , elle a ri et dés que la vie revient c'est pire que le vide sous ses pieds , tout a été dévasté ...
Elle a peur , elle l'a entendu pour la première fois sans doute , déverser toute sa haine ...
Il faut se relever pour ses enfants , préparer noël ...Petit chou ? Leur amour de fils , leurs cinq enfants chéris ? Pourquoi ? Jamais elle n'a voulu le désavouer , elle s'est battue , elle a fait son deuil et malgré tout elle ne mérite que cette haine ? Pourquoi ? Comment oser dire qu'il veut la paix alors que les murs du palais ont entendu les pires des humiliations ...
Elle est seule et en ce jour de la fête des lumières son coeur est dans le noir .
Il faudra du temps pour qu'elle respire sans avoir mal , un mois à attendre la décision du juge et puis arriver à se relever ? Ce fût le coup de grâce , cette fois çi elle est par terre ...Anne Chiffon
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11 décembre 2008
Sur les marches du palais
Des années déjà derrière elle et pourtant rester sur ses gardes , ne jamais lâcher la tension , tenir les machoîres serrées et voir son monde s'écrouler .
Se relever reprendre les armes , éviter les faux pas , déjouer les croche pied , croire que tout est possible et refuser l'impensable alors finir par se détendre , respirer , de nouveau reprendre confiance , voir sa fille se marier , reprendre goût à la vie , remonter la pente , se défaire de ses angoisses et apprivoiser le retour au bonheur .
Derrière elle un homme de loi , une armure pour protéger ses enfants et la protéger des armes inconnues de l'adversaire d'en face , de celui à qui elle avait donné sa confiance , sa vie , son coeur sans limite ...
Depuis cinq ans que dire des chutes et des coups reçus , que penser des humiliations , des mensonges , des abandons ?
Se dire seulement que la vie continue et penser à ses enfants , ouvrir son coeur à d'autres amitiés , retrouver ses amis et oublier ceux qui l'avaient trahie . Avancer pas à pas , comme un accidenté qui remet pied à terre et tient de toutes ses forces les barres qui guident ses pas .
Peu à peu alléger le poids de ses mains sur les côtés , puis finir aprés des années de labeur par pousser les barres et marcher de nouveau seule ...Doucement , puis plus vite et reprendre confiance .
Etre prête à courir et sentir le vent la pousser vers un renouveau . Accepter et ne plus vouloir se retourner : le pas de géant franchi , sentir que la partie est gagnée , la vie , ses enfants , ses amis revoient ses sourires et éclatent de rire avec elle .
Se nourrir de cette joie retrouvée et remercier ceux qui l'avaient accompagnée et enfin revivre .
Sous jacent pourtant , une amère certitude , celle qui retient encore un peu par la manche ...Si peu et pourtant .
Les murs se dénudent , les pâtes sont quasi quotidiennes malgré les efforts et cet aveu de la société entré dans sa vie , impossible d'y arriver .
Travailler et se battre pour mieux avancer et se heurter à des murs , appeler à l'aide et se faire injurier . Vingt trois ans à la maison l'avaient rendue mère , et ouvert des portes inespérées , elle avait parfois travaillé pour emmener sa famille dans des pays lointains elle avait parfois aussi été là pour alléger un peu le poids des mois difficiles ( qui arrivent à tous et à tout le monde !) et trouvé des évènements à organiser , des lieux à décorer , elle a fait aussi du tourisme une année sur le bord d'une autoroute juste pour offrir les billets d'avion de leur jolie famille , elle n'a pas prétendu être autre chose qu'une femme , faite pour être maman , elle sait que là est sa vie .
Soudain la maison du bonheur a tremblé et il est parti , emmenant avec lui un pan de sa vie et de celle de ses enfants , il y a eût des moments si difficiles et pourtant elle s'est relevée ...
Il a fallu plus de temps pour qu'elle guérisse de cet amour enfui . Mais elle a guéri ...
Elle a chanté , dansé , oublié l'insensé pour ses enfants , elle a appris a contenir ses débordements de vie , ses émotions , elle a accepté , déménagé plusieurs fois , rétreci leur espace mais qu'importe tant qu'ils étaient ensemble , les grands sont partis et elle était seule pour pleurer derrière la fenêtre , elle a encore rebondi et repris la tradition des crêpes du dimanche soir ...Elle a remis des bougies et fait refondre du chocolat ...
Et puis il a fallu arpenter hier les couloirs du palais de justice , à côté de son ami le monsieur en noir .
Sous son bras le dossier de sa vie , 1979-2003 résumés en quelques pages écrasées dans un carton jaune au lien fortement serré . Difficile de contenir les rires , les larmes , les accouchements , les anniversaires , les noëls , les vacances , les premiers pas , les premières dents , les sourires et les chagrins sur les genoux d'un papa ou d'une maman ; entre deux feuillets un peu rigides ...
Déambuler dans les méandres du palais et chercher la salle ; marcher entre les robes noires et les manches qui voltigent comme les ailes d'un cygne...
10 h ce mercredi matin aux marches du palais . Anne Chiffon à suivre








